La Réification de la parole et autres fictions

88 pages

En stock

Editeur :
Kontre Kulture

Parmi les critères qui différencient les peuples dits sauvages des sociétés civilisées, on trouve l'existence du Droit. Censée organiser la société, régler les conflits selon des règles connues de tous, la Loi est le reflet de l'âme d'une époque. Comprendre comment elle évolue, ce qu'elle implique et ce qu'elle révèle nous plonge dans les rouages d'une machinerie qui nous dirige et nous formate tout à la fois. Parce qu'elle permet d'échapper à la pensée binaire, cette compréhension est également le premier pas vers une libération. Premiers pas que ces « Leçons de Droit », rédigées dans un style accessible à tous, vous proposent d'accomplir. 

Il existe une distinction fondamentale entre le bien et l’obligation, le premier étant du domaine des choses tangibles, la seconde du domaine de la relation entre les personnes, puisque l’obligation, autrement dit la créance, repose sur le crédit que l’on donne au créancier, sur sa parole. Cette distinction a été, au fil du temps, subtilement et de diverses manières remise en cause. La créance est-elle un droit détenu sur une personne ou sur un patrimoine ? Cette question, qui peut paraître sans réelle conséquence au profane, est en vérité porteuse d’un schisme profond entre une vision séculaire qui remonte à l’époque romaine et la volonté d’inflexion du droit moderne. 

C’est à travers les pratiques de la comptabilité que le biais est venu, lorsque les comptables ont commencé à inscrire l'obligation dans les mêmes colonnes que les biens, en positif et en négatif, comme si la créance, qui n’est en réalité qu’une parole donnée, avait même valeur que la chose détenue. Cette parole devenue chose, comme libérée de la personne à son origine, a pu alors se vendre, s’assurer, se découper en plus petites parties, voir sa valeur fluctuer au gré du marché, faire l’objet de spéculations, et finalement devenir objet elle-même de ces « produits dérivés » qui ont mené à la grande crise financière de 2008. 

Damien Viguier, docteur en droit privé et sciences criminelles, est chargé d'enseignement et avocat à la Cour. Il publie régulièrement dans des revues spécialisées. 


Damien Viguier est né en 1966 à Grenoble, de père français et de mère allemande. Il délaisse le secondaire pour, après un passage par une école militaire et le service national, accéder directement à l’Université par la Capacité en Droit. Après une Maîtrise en droit obtenue en 1990, il consacre de nombreuses années, d’abord à l’approfondissement de ses recherches (particulièrement à l’EPHE, où il suit les conférences de Pierre Legendre, et à l’EHESS, où il suit les séminaires du philosophe et historien Marcel Gauchet et du romaniste Yan Thomas, dont il sera l’assistant), puis à l’enseignement supérieur (notamment aux universités de Caen et de Paris 1). En juin 2008, il soutient une thèse en droit privé sur l’indivision successorale. Après une expérience pratique de trois années dans le notariat, il prête le serment d’avocat et s’inscrit en décembre 2010 au Barreau de Paris. Actuellement avocat aux barreaux de l’Ain et de Genève, il publie, dans le cadre de la collection « Leçons de droit » aux éditions Kontre Kulture, des livres destinées autant au grand public cultivé qu’aux juristes étudiants, enseignants et chercheurs.

Inspiré des romanistes Michel Villey, Jacques Berriat-Saint-Prix et Álvaro d’Ors, il envisage le droit contemporain en termes de crise, et a recours, pour enrichir une analyse résolument technique, aux ressources de l’histoire et de l’anthropologie. L’activité de son cabinet – comme ses travaux théoriques – est principalement consacrée au droit civil, spécialement au droit notarial (successions et régimes matrimoniaux). Ses travaux portent sur les institutions fondamentales de la famille, de la personne et de l’obligation. Mais il s’est spécialisé par ailleurs en droit pénal international.

Diplômé de criminologie et sciences criminelles en 1987, il fréquente depuis 1989 l'œuvre du grand juriste allemand Carl SCHMITT (1888-1985) et suit en 1990 un DEA de droit pénal, puis l'année suivante un DEA Droits de l'homme. Il conseille et assiste depuis 2010 de nombreux opposants politiques persécutés en France pour leurs idées. Il intervient depuis 2013 pour la défense de civils syriens victimes de la politique étrangère de la France, et depuis 2015 au sujet de la crise du Dombass.



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L’équipe d’E&R Lille accueillera Maître Damien Viguier le samedi 25 février 2017 à 15h dans le cadre de son cycle de conférences sur les outils juridiques de la domination, sur le thème de « la répression du révisionnisme historique&nb… Lire la suite

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Commentaires

Un petit message du Québec,

Tous mes encouragements à l'équipe de KK,à égalité et réconciliation et M.Soral pour leur travail acharné.Mes pensées à tous et bonne continuation dans votre transmission du savoir et de la pensée critique.

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