La Société de l'indécence

279 pages

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En 1983, Stuart Ewen, historien des médias, publiait en France Consciences sous influence – Publicité et genèse de la société de consommation. Ce livre culte est devenu une référence incontournable de la critique sociologique d'inspiration situationniste. Stuart Ewen y retrace l'origine de ce que Guy Debord nomma le Spectacle, premier allié du productivisme industriel dans la guerre culturelle menée pour l'expansion du modèle de société américain, et dont l'iconographie fondée sur l’exhibition de corps jeunes, féminins et plutôt dévêtus a entièrement colonisé les médias et les imaginaires, élaborant au fil du temps une véritable société de l'indécence. La « décence commune », notion bien connue de George Orwell et Jean-Claude Michéa, est la première cible dans ce travail d'influence des consciences étalé sur plusieurs décennies.

Car une telle régression n'a rien de naturel. Dans son ouvrage, Stuart Ewen démontre que ce nouvel ordre « libéral libertaire » mondial, loin d’être l’aboutissement d’une évolution spontanée, a bien été implanté de manière concertée selon des méthodes scientifiques de planification et d’ingénierie sociale. Les dévoiler pour s'en affranchir, tel est le défi auquel ce livre nous invite.


Commentaires

Livre facile à lire, aucun jargon, plaisant avec ses citations (et qq illustrations) de pubs, (rappelant "Le distrait" où 99F...), où de séries TV des années 50. L'auteur décode, démonte les mécanismes de la pub, du marketing et du consumérisme au service du Capitalisme du XXe. Le livre illustre Clouscard où Lukacs par ex, et pourrait leurs servir d'introduction. Comment ET surtout pourquoi on devient "un sexe décérébré pousseur de caddie", adorateur des dernières Nike, se sentant frustré sans écran plasma, sans le poncho du rapper à la mode, attendant une journée devant Darty pour le dernier e-ped, frustré sans toute la verroterie asiatique. Pourquoi votre gamin en maternelle passe pour un con sans un e-pud, vous lui achetez premier formatage de rapport marchand (e-pud = copains). Avec cette description de la sous-merde idéale du Seigneur Capitaliste ... on comprend mieux les Amish où les khmers rouges (y a rien à faire avec ces dégénérés que le camp en campagne !).
En résumé le livre illustre la stratégie des Seigneurs du XXe: la consommation est leur idéologie, substitution à la révolution. Mais si le caddie s'écroule, le Seigneur est nu.

"Les conflits sociaux étaient légion. La société de consommation est née en réponse à cette crise et au développement colossal des capacités productives, les deux phénomènes étant inséparables l'un de l'autre [...] La société de consommation offrait un monde de plaisirs et d'émotions qui faisait concurrence aux remèdes drastiques proposés par les libertaires (comprendre socialistes)."

La lutte pour la consommation est espace de liberté, ersatz à la lutte des classes.
Le livre compile les théoriciens de l'ingénierie sociale des années 20, qui devaient transformer le paysan américain puritain, économe, austère et auto-suffisant du XIXe en adorateur de Caddie ... La mécanisation déstabilisera son univers d'auto-producteur artisanal, le salariat son prestige de chef de famille, la productivité la famille comme petite entreprise et donc le mariage (explosion des divorces). Au final le jeune vaut mieux que le père, il connait mieux le dernier e-ped et les dernières technologies. Le vieil ancêtre, qu'on respectait, devient un pithécanthrope, il ne sait même pas ce qu'est un e_pud, total mépris. A 40 ans le père est hors circuit de la société productiviste, sans dignité, donc l'éducation en pâti. Total renversement des valeurs de la société traditionnelle. La femme devient objet sexuelle, culpabilisée et embrigadée dans la gestion de la consommation du ménage.
Les immigrés sont américanisés par la pub et la "consommation commune", nouveau mœurs unificateur. Les juives se déteignent les cheveux pour ressembler à la blonde de la série TV !
Mais tout ceci foire avec les parias, noirs pauvres, réfractaires, beatniks ... etc ... Alors le consumérisme s'adapte avec de nouvelles consommations organisées "subversives" (vintage, écolo, traditionnel ...) où "à la portée de tous", dont la pseudo-culture est la moins chère... Au pire, sorti du système, le pousseur de caddie consomme du rap sur mp3 ...à défaut de yacht/Maserati/champagne/putes asiatiques.belle sdb ... de la propagande-culture-ciné d'"Intouchables". Mais il en est quand même très fier de son rap consumériste, avec ses Nike, s'est son honneur... dans le nouveau monde.

Le type d'amour, de famille, d'honneur, de valeurs, de mythes, de loisirs, de travail, d’État, de hiérarchie, prédominant dans la "structure" de la société, sont dépendants d'une "superstructure" évoluant, phénoménologie que Marx appelle "matérialisme historique", qu'Hegel où Clouscard décrivent. Qui ne voit ce niveau se bat comme Don Quichotte contre des moulins. Pas victime de folie, mais décalé par l'Histoire, alors sa réalité devient mirage incompréhensible et comique pour les autres. C'est la muraille d'un système, d'une architecture sociale.

Un livre magnifique qui doit être lu !, Lucien cerise et sa préface mémorable.

Un livre qui bascule vos idées, votre vie. On comprend beaucoup mieux l'ingénierie sociale

bien cacher dans le system de publicité et le remplacement patriarcal par la

consommassions de masse ! .

merci K&K

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