Sociologie du gamer

126 pages

En stock

Editeur :
Kontre Kulture

Ce livre aurait pu s’intituler Voyage au bout de l’ennui. Car dans une société gouvernée par le capital, c’est bien de lui que les jeux vidéo tirent leur attrait et leur profit : « Notre ennui est tel qu'il finit par devenir un nouveau marché solvable, une perspective de croissance. » Ainsi, le capital crée le remède, immédiat, mais chimérique, à la maladie qu’il a lui-même engendrée par le désenchantement du monde, sa soumission à l’économie, le délitement des solidarités naturelles, la concurrence acharnée et la solitude qui l’accompagne. Suivant sa nature profonde, il récupère tout, le digère et en extrait des produits ; le jeu vidéo n’échappe pas à cette loi. Mais les jeux en ligne dont il est question dans cet ouvrage vont beaucoup plus loin : alors qu’ils semblent proposer une échappatoire à une réalité dont on n’arrive plus à se saisir, ils n’en sont que des avatars qui, par leur simplicité d’accès, le rétablissement de communautés et de rôles sociaux, donnent l’illusion de vivre. Au cours de son voyage, le gamer découvrira les mêmes émotions et réalités sociologiques qu’in real life, celles derrière lesquelles il soupire, mais également celles dont il cherche à se soustraire : solidarité, stratégie de groupe, objectif commun, amitié peut-être, mais aussi trahison, volonté de domination, désignation d’un bouc émissaire, perversion. Et tout au bout, le vide.

Adrien Sajous, né en 1989 en France, a été lui-même pendant une quinzaine d’années un gamer. Titulaire d’un BTS industriel et d’une licence en Sciences humaines et sociales, il découvre Marx, Debord et Francis Cousin, prend conscience de son aliénation et s’éloigne petit à petit du jeu pour plonger dans la lecture. Partant de quelques idées jetées sur le papier, il finit par développer une analyse entière et radicale du fonctionnement du virtuel à travers sa substance capitaliste, jusqu’à l’écriture de ce livre, devenue à ses yeux nécessité. Pour ne plus être dupe.


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E&R Pays de la Loire a le plaisir d’inviter les auteurs des éditions Kontre Kulture à Nantes le samedi 17 décembre 2016 à 16h pour rencontrer leurs lecteurs et dédicacer leurs ouvrages.

 

Cette rencontre débutera par une séance de questio… Lire la suite

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L’équipe d’E&R Midi-Pyrénées accueillera Yann Beauvois le dimanche 11 décembre 2016 à 14h à Toulouse pour une conférence intitulée « Monnaie libre, pour un outil réellement au service de l’homme ».

La… Lire la suite

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Ce livre aurait pu s’intituler Voyage au bout de l’ennui. Car dans une société gouvernée par le capital, c’est bien de lui que les jeux vidéo tirent leur attrait et leur profit : « Notre ennui est tel qu'il finit par devenir un nouveau marché solvable, une perspective de croissance. &raqu… Lire la suite


Commentaires

Ce livre est surprenant car Adrien sajou est un jeune auteur qui a lu Debord, Hegel et Marx (d'où une certaine ressemblance de style avec F.Cousin) et qui semble les avoir vraiment assimilés !

Il nous parle donc d'un temps que les moins de trente ans connaissent bien. Pour une fois pas besoin d'avoir lu en amont les 17 volumes de Michelet sur l'histoire de France pour comprendre les sujets abordés et les références utilisées. Et aujourd'hui, quand on veut lire un livre sérieux, c'est très rare !

Il y aura donc de nombreux lecteurs, dont je fais partie, qui apprécieront la facilité de lecture. Cela dit, contrairement à certains, je ne pense pas que ce soit dû à la légèreté du sujet ou à un manque d'objectivité vis-à-vis des jeux vidéos.

Je pense au contraire que l'auteur a dû faire preuve de beaucoup de pédagogie et d'effort de vulgarisation pour réaliser cette critique radicale si juste, avec un texte si accessible. Un peu comme quand Marx a fait l'effort de se mettre au niveau du prolétariat de l'époque avant d'écrire Le Capital.

Bref du bon boulot, qui pour 12 euros peut s'acheter les yeux fermés.

Court et facile à lire. Je me suis reconnu dedans ! Très bonne analyse, qu'on ne voit pas dans les médias malheureusement. A mettre sous le sapin !

Très bon livre qui permet de montrer le lien entre l'univers du virtuel et le capitalisme. En tant qu'ancien "gamer", je me suis tout à fait retrouvé dans plusieurs passages (en particulier ceux où l'auteur décrit le vide ressenti lorsqu'on décide définitivement ou temporairement de poser la manette et décrocher. J'adhère totalement à l'idée du jeu vidéo vu comme un palliatif (un "substitut" pour reprendre la terminologie du livre). Se lit d'une traite.

Très bon livre vraiment intéressant, tellement que je l'ai dévoré en quelque heures seulement. Il ne s'adresse pas vraiment qu'au joueurs de jeux vidéo, car les sujets annexes au sujet principal qui sont abordés (réseau sociaux, porno, virtualité, etc...) nous touche tous d'une manière ou d'une autre.

Pour info, à toutes celles et tous ceux qui hésitent, achetez le et offrez le. Ce livre fera date non pas chez les gamers (encore que) mais chez les sociologues. Il fait partie des livres très accessibles à avoir lu (avec Abécédaire et vers la féminisation).
Ne pas lire le soir car vous ne vous coucherez pas avant de l'avoir fini.

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