Terrorisme et crime contre l'humanité

120 pages

En stock

Editeur :
Kontre Kulture

Parmi les critères qui différencient les peuples dits sauvages des sociétés civilisées, on trouve l'existence du Droit. Censée organiser la société, régler les conflits selon des règles connues de tous, la Loi est le reflet de l'âme d'une époque. Comprendre comment elle évolue, ce qu'elle implique et ce qu'elle révèle nous plonge dans les rouages d'une machinerie qui nous dirige et nous formate tout à la fois. Parce qu'elle permet d'échapper à la pensée binaire, cette compréhension est également le premier pas vers une libération. Premiers pas que ces « Leçons de Droit », rédigées dans un style accessible à tous, vous proposent d'accomplir.

Le droit européen avait admis que l’une des prérogatives de l’État souverain était celle de faire la guerre, le ius belli. Pour encadrer ce droit, s’y était ajouté le droit de la guerre, le ius in bello, qui séparait les militaires des civils. Ainsi, les choses étaient claires : un soldat pouvait tuer un ennemi sans être un assassin, mais il devait épargner les femmes, les vieillards et les enfants, respecter les prisonniers du camp adverse et obéir aux ordres. Mais l’utopie de la paix éternelle dans un monde globalisé a renversé ce que le droit avait tenté de mettre comme sagesse dans la barbarie humaine. Aujourd’hui la guerre conduite selon la loi de la guerre est devenue crime de guerre, alors que le terrorisme, c’est-à-dire l’introduction des civils dans la guerre, brouillant la séparation qui tendait à protéger les populations, est érigé en résistance dès lors que les « instances internationales » reconnaissent à ses auteurs de mener une « guerre juste ». Les populations encouragées à se soulever ne sont plus protégées, mais au contraire placées au centre du conflit. Et alors que la guerre traditionnelle d’État à État a été mise hors la loi, c’est paradoxalement en reconnaissant l’organisation terroriste comme État que la communauté internationale va réintégrer dans le droit des terroristes qui devraient être jugés, selon l’ordre ancien, en criminels. À l’inverse, la lutte contre le terrorisme, désignée par les instances internationales comme « crime contre l’humanité » lorsque cela va dans le sens de leur projet, va alors servir d’alibi pour renforcer le droit international, outil du nouvel ordre mondial, dans un mouvement cyclique et dialectique : « Par un renversement total, c’est le droit international qui est devenu un instrument du terrorisme. »

Damien Viguier, docteur en droit privé et sciences criminelles, est chargé d'enseignement et avocat à la Cour. Il publie régulièrement dans des revues spécialisées.

Disponible également en version audio !


Damien Viguier est né en 1966 à Grenoble, de père français et de mère allemande. Il délaisse le secondaire pour, après un passage par une école militaire et le service national, accéder directement à l’Université par la Capacité en Droit. Après une Maîtrise en droit obtenue en 1990, il consacre de nombreuses années, d’abord à l’approfondissement de ses recherches (particulièrement à l’EPHE, où il suit les conférences de Pierre Legendre, et à l’EHESS, où il suit les séminaires du philosophe et historien Marcel Gauchet et du romaniste Yan Thomas, dont il sera l’assistant), puis à l’enseignement supérieur (notamment aux universités de Caen et de Paris 1). En juin 2008, il soutient une thèse en droit privé sur l’indivision successorale. Après une expérience pratique de trois années dans le notariat, il prête le serment d’avocat et s’inscrit en décembre 2010 au Barreau de Paris. Actuellement avocat aux barreaux de l’Ain et de Genève, il publie, dans le cadre de la collection « Leçons de droit » aux éditions Kontre Kulture, des livres destinées autant au grand public cultivé qu’aux juristes étudiants, enseignants et chercheurs.

Inspiré des romanistes Michel Villey, Jacques Berriat-Saint-Prix et Álvaro d’Ors, il envisage le droit contemporain en termes de crise, et a recours, pour enrichir une analyse résolument technique, aux ressources de l’histoire et de l’anthropologie. L’activité de son cabinet – comme ses travaux théoriques – est principalement consacrée au droit civil, spécialement au droit notarial (successions et régimes matrimoniaux). Ses travaux portent sur les institutions fondamentales de la famille, de la personne et de l’obligation. Mais il s’est spécialisé par ailleurs en droit pénal international.

Diplômé de criminologie et sciences criminelles en 1987, il fréquente depuis 1989 l'œuvre du grand juriste allemand Carl SCHMITT (1888-1985) et suit en 1990 un DEA de droit pénal, puis l'année suivante un DEA Droits de l'homme. Il conseille et assiste depuis 2010 de nombreux opposants politiques persécutés en France pour leurs idées. Il intervient depuis 2013 pour la défense de civils syriens victimes de la politique étrangère de la France, et depuis 2015 au sujet de la crise du Dombass.


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