Textes choisis (Bakounine)

379 pages

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Editeur :
Kontre Kulture

« Nul ne saurait mettre en doute la capacité politique de la classe bourgeoise. Il est certain qu’elle sait beaucoup mieux que le prolétariat ce qu’elle veut et ce qu’elle doit désirer, et cela pour deux raisons : d’abord, parce qu’elle est beaucoup plus instruite que ce dernier, qu’elle a plus de loisirs et beaucoup plus de moyens de toutes sortes de connaître les gens qu’elle élit ; et ensuite, et c’est même là la raison principale, parce que son but n’est point nouveau ni immensément large, comme celui du prolétariat ; il est au contraire tout connu, et complètement déterminé aussi bien par l’histoire que par toutes les conditions de sa situation présente : ce but, c’est le maintien de sa domination politique et économique. Il est si clairement posé qu’il est très facile de savoir et de deviner lequel des candidats qui briguent le suffrage de la bourgeoisie sera capable de la bien servir, lequel non. Il est donc certain ou presque certain que la bourgeoisie sera toujours représentée selon les désirs les plus intimes de son cœur. Mais ce qui est non moins certain, c’est que cette représentation, excellente au point de vue de la bourgeoisie, sera détestable au point de vue des intérêts populaires. Les intérêts bourgeois étant absolument opposés à ceux des masses ouvrières, il est certain qu’un parlement bourgeois ne pourra jamais faire autre chose que de légiférer l’esclavage du peuple, et de voter toutes les mesures qui auront pour but d’éterniser sa misère et son ignorance. Il faut être bien naïf, vraiment, pour croire qu’un parlement bourgeois puisse voter, librement, dans le sens de l’émancipation intellectuelle, matérielle et politique du peuple. A-t-on jamais vu dans l’histoire qu’un corps politique, qu’une classe privilégiée se soit suicidée, ait sacrifié le moindre de ses intérêts et de ses soi-disant droits, par amour de la justice et de l’humanité ? »

 


Michel Bakounine, né en mai 1814 à Priamoukhino près de Torjok (Empire russe) et mort le 1er juillet 1876 à Berne (Suisse), est un révolutionnaire, théoricien de l'anarchisme et philosophe. 

D'origine noble, Mikhaïl Bakounine est d'abord officier d'artillerie, puis quitte l'armée pour apprendre la philosophie à l'Université de Moscou. Il s'intéresse à Kant, à Fichte, et surtout à Schelling, à la recherche d'une synthèse philosophique des sciences analytiques. Puis il se rend en Allemagne pour étudier la philosophie de Hegel. Bakounine y rencontre Arnold Hüge qui lui fait découvrir la politique active. Il considère ainsi avoir trouvé sa voie en quittant le monde artificiel des concepts pour s'engager dans la voie révolutionnaire.
Contraint de s'exiler à Paris en 1842, Bakounine rencontre Marx, Engels, Proudhon et Herzen. Il participe à la Révolution de 1848 à Paris et aux émeutes de Prague et de Dresde. Arrêté et condamné à mort par les Allemands, il est gracié et livré à la police politique russe. Bakounine s'évade d'un camp de déportation de Sibérie en 1861, puis après un périple via le Japon et les Etats-Unis, il s'installe en Angleterre où il se rallie à la Première Internationale
Durant cette période, Bakounine, séduit par les idées de Proudhon, élabore une nouvelle théorie politique, l'anarchisme. Il fonde une société secrète, la Fraternité Internationale, puis l'Alliance Internationale de la démocratie socialiste, mouvement qui adhère à l'AIT (Association Internationale des Travailleurs), dirigée par Karl Marx. Bakounine participe aux côtés de ce dernier à de multiples congrès révolutionnaires. Il réclame la révolution mondiale immédiate et la suppression de toutes formes d'autorité étatique.

Considéré comme un utopiste, Bakounine ne parvient pas à imposer ses vues au mouvement ouvrier et s'oppose à Karl Marx qu'il juge trop autoritaire. Il s'installe en Suisse en 1867 et se retire progressivement de la vie politique pour se consacrer à ses œuvres littéraires. Il participe néanmoins en 1871 à la Commune de Lyon et à des tentatives de soulèvement populaire en Italie. En désaccord avec l'étatisme prôné par Marx, il rompt définitivement avec lui en 1872.

Avec le socialisme, le fédéralisme et l'antimilitarisme, l'athéisme est une des composantes de l'anarchisme que Bakounine professe dans "Fédéralisme, socialisme et antithéologisme", véritable profession de foi. Dans "Dieu et l'État", il plaide pour le matérialisme, le rationalisme et la démocratie, tout en mettant en garde contre le risque d'une dictature de savants cautionnée par la science. Pour lui, à travers Dieu, c'est l'autorité, la hiérarchie et, au bout du compte, l'Etat qui sont sacralisés, permettant ainsi de justifier toutes formes d'oppression.


Commentaires

Quatre extraits très bien choisis.
On est imprégner par l'idée du Socialisme Libertaire d'abord sous l'aspect politique concret, puis par la critique du système capitaliste de l'époque.
La nation Française est présente au premier plan de par ses nombreuses expériences politiques tout le long du XIX siècle. Ainsi que l'empire germanique de Bismark. La majorité de la rédaction est faite en pleine guerre franco-germanique de 1870.
Bakounine finis par exprimer publiquement quels rapports il entretenait avec Marx et ses idées.

Les textes choisis sont les suivants:

Catéchisme Révolutionnaire

L'empire knouto-germanique et la révolution sociale
- avertissement
- première livraison
- seconde livraison

Lettre au journal "La liberté" de Bruxelles

Pour ceux qui ont le livre, quels sont les "textes choisis" présents dans celui-ci ? merci.

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