Julius Evola, Révolte contre le monde moderne (Kontre Kulture) 25€

  Révolte contre le monde moderne du Baron Julius Evola est sans contexte un ouvrage indispensable pour comprendre les fondements de la Droite radicale et alter-européenne authentique. Quasiment un siècle après sa première parution, ce pavé de plus de 600 pages est terriblement d’actualité.

 

  Julius Evola est devenu une référence incontournable parmi les droites radicales européennes et aussi anglo-saxonnes. Contrairement à un René Guénon qui, bien qu’ayant des points communs avec la pensée de l’italien, ne s’intéressa jamais à la politique, préférant s’engager vers une voie contemplative principalement héritée de l’Orient, Evola, lui, incarnait cette européanité tournée vers l’action. C’est sans doute la raison pour laquelle beaucoup de personnes se réclamant de Droite radicale ne se contentent, pour ainsi dire, que de l’œuvre du sicilien, sans approfondir celle du métaphysicien de Blois. Pour revenir sur l’œuvre d’Evola, sa compréhension s’en trouve grandement facilité lorsque l’on commence justement par la lecture de Révolte contre le monde moderne, car c’est ici que l’on va découvrir les bases de la pensée traditionnelle de l’auteur et que l’on trouve en arrière fond dans quasiment tous ses ouvrages. Divisé en deux parties antithétiques, l’une axée sur la civilisation traditionnelle, l’autre sur la civilisation moderne, le livre de Julius Evola ne se contente pas seulement d’être dans l’opposition et la révolte : il resitue le véritable noyau nucléaire, le centre primordial d’une Droite dont la colonne vertébrale est justement le monde de la Tradition.

 

  Comment qualifier, comment décrire cette Tradition en quelques mots ? Primauté du supérieur sur l’inférieur, de l’esprit sur la matière, du supra humain sur l’infra humain et du masculin (olympien) sur le féminin (lunaire et chthonien); origines divines de l’Homme ; respect scrupuleux des castes et de la tri-fonctionnalité sont autant de principes traditionnels qu’il y a d’aspect de la Tradition. Evola, à la différence de Guénon, et bien qu’étant tout comme lui un solide orientaliste, se focalisa principalement sur l’aspect européen de la Tradition, sous ses différentes formes, telles la romanité impériale, la chevalerie et le parti gibelin, l’hermétisme alchimique, le mystère du Graal et, à la fin de sa vie une doctrine du détachement d’inspiration stoïcienne. Révolte contre le monde moderne nous montre qu’une autre voie est possible, tout simplement parce qu’elle fut la voie de toujours. Ces quelques six-cents pages regorgent de repères pour évoluer en eaux troubles, dans notre Hexagone crépusculaire que l’on ne peut presque plus qualifier de France. Le titre de l’ouvrage d’Evola sonne maintenant comme un slogan facile dans nos milieux, surtout à l’heure d’internet et des réseaux sociaux. Il est facile de s’en réclamer, mais combien de véritables « convives de pierres » derrière ce mot d’ordre pourtant si révolutionnaire ? Assurément peu, mais ce livre de Julius Evola n’est de toute façon pas destiné à tout le monde.

 

Recension de Thierry Durolle parue dans la revue Réfléchir et Agir n°63

Commentaires

Gros livre, plus de 620 pages, pas très facile à lire. Le titre de l’ouvrage est un peu inexact. Je l’aurais plutôt appelé ‘Histoire de la tradition’. Cette tradition, l’auteur va la chercher dans un lointain passé mythique. Elle est sans rapport avec ce que nous appelons ‘tradition’ dans notre monde moderne.
Ce monde moderne dont la pensée historique est dominée par la Science veut faire descendre l’homme d’un cousin du singe, le faire sortir des cavernes pour l’amener quelques centaines de milliers d’années plus tard dans une société dominée par la technique sophistiquée que nous connaissons, guidé en cela par un processus évolutif – surtout dans les derniers temps - appelé ‘Progrès’. L’auteur procède à l’inverse, il déduit de l’examen des mythes des différentes sociétés anciennes que le monde humain a commencé par un âge d’Or, monde de la tradition par excellence, puis qu’il a évolué [ou plutôt involué], déchu d’Or en Argent, d’argent en Bronze pour arriver à l’âge sombre, l’âge de Fer, le Kali-Yuga des hindous, celui dans lequel nous vivons. Cette meta-histoire qu’on trouve notamment chez Hésiode (les travaux et les jours) est très contre intuitive pour nous, et de ce fait, 99 % des gens la trouvent farfelue, mais son examen est intéressant pour tout esprit ouvert.

L’âge d’Or est celui de la tradition authentique. C’est un monde divisé en castes hiérarchisées, dominé par une élite sacerdotale, cimenté par des rites qui le relient en permanence au supramonde divin, un monde solaire, ourannien, viril, aryen représenté par le dieu Apollon. L’auteur identifie son origine dans le continent hyperboréen (arctique). La dégénérescence survient ensuite plus ou moins naturellement. Pouvoir royal et sacerdotal se séparent : c’est l’âge d’Argent, lunaire, tellurien voir chthonien, féminin, atlantique bien représenté par la déesse Déméter. Les liens avec le supramonde se réduisent. On ne peut savoir si cette histoire provient des souvenirs oubliés de civilisations disparues séparées dans le temps par de violents cataclysmes (déluges et destructions provoqués par le basculement de l'axe de rotation de la croûte terrestre par exemple [Ref1, 2]) ou de modèles portés par des civilisations historiques concrètes (Rome, Gibelins du Saint Empire …).

Les thèmes de la tradition ayant été détaillés dans la première partie de l’ouvrage, la seconde partie traite de la genèse du monde moderne, anti-traditionnel par définition. Humanisme, lumières, individualisme, rationalisme, libéralisme, matérialisme, démocratie, socialisme, sont les pierres noires qui jalonnent la descente du monde dans l’âge sombre c’est à dire le règne de la quantité illustré par René Guénon auquel l’auteur se réfère souvent.

De nombreux passages commentent le rôle du christianisme comme porteur de la tradition. Pour Evola, le christianisme est une religion de l’âge d’Argent déjà éloigné de la ‘lumière du Nord’. Son évolution récente l’a pratiquement dépouillé de toute qualité traditionnelle... et c'est plus vrai aujourd'hui que jamais.

Le stade ultime de la dégénérescence humaine lui paraît être le collectivisme bolchevique, système apparaissant comme définitif et irréversible lorsque l’ouvrage a été écrit (1934). Ici, l’auteur a mal anticipé. Il avait cependant bien senti la convergence entre les systèmes américain et soviétique. C’est bien l’ensemble du système mondial qui converge vers un point unique libéral, matérialiste, occidental. Examiner cette évolution [involution] à partir d’une tradition qui n’existe plus depuis longtemps est un exercice intéressant.

Essentiel pour articuler physique et métaphysique, le lecteur devra lâcher la barre des démonstrations, pour aller à l'authentique connaissance. Un pilier aux fondations profondes ( indo-européennes) pour reconstruire un être collectif transcendant l'individu; gage de pérennité dans le Combat .

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