Si le coup de force est possible

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Editeur :
Kontre Kulture

Sans pouvoir souhaiter ni espérer le mal, nous ne pouvons pas faire que tant de fautes politiques ne l’engendrent pas. Faut-il s’interdire de le prévoir ou doit-on éviter noblement d’y pourvoir ? Faut-il éviter de se dire que l’ennemi de l’intérieur pourra être un jour accablé des conséquences de ses fautes ou de ses crimes et que nous pourrons profiter d’un instant de stupeur pour nous débarrasser de lui ?

Des incidents sans gravité peuvent d’ailleurs produire tous les effets de démoralisation favorables au coup de force. Pour lui permettre de réussir avec le minimum de résistance et de difficulté, il suffirait d’une minute de distraction et d’absence parmi les défenseurs du régime. La cause ou le prétexte du détraquement spontané n’importe pas du tout. Ce peut être Sedan ou Waterloo ; ce peut être Lạng Sơn, ou la première venue de ces fausses rumeurs qui déterminèrent presque tous les mouvements populaires de la première Révolution. Que la force publique montre du flottement, les chefs civils ou militaires de l’indécision, en ces cas-là (ceci a force d’axiome en histoire, par conséquent en politique), devant un groupe d’individus résolus sachant bien ce qu’ils veulent, où ils vont et par où passer, le reste plie, le reste cède, le reste est mené, enlevé. Ce n’est pas seulement la loi de la lutte civile ou de la sédition heureuse. C’est l’éternelle condition du succès des coups de main dans toutes les guerres connues.


Charles Maurras, né le 20 avril 1868 à Martigues (Bouches-du-Rhône) et mort le 16 novembre 1952 à Saint-Symphorien-lès-Tours (Indre-et-Loire), est un journaliste, essayiste, homme politique et poète français, académicien, théoricien du nationalisme intégral.

Écrivain provençal appartenant au Félibrige et agnostique dans sa jeunesse, il se rapproche ensuite des catholiques et dirige le journal L'Action française, fer de lance du mouvement Action française, autour de Léon Daudet, Jacques Bainville, et Maurice Pujo. 

Outre Léon Daudet et Jacques Bainville, Maurras compta parmi ses soutiens des intellectuels comme Georges Bernanos, Jacques Maritain, Thierry Maulnier, Philippe Ariès, Raoul Girardet. 

 Son talent littéraire donne à ses ouvrages théoriques une grande influence dans les milieux cultivés et conservateurs de France. Il est élu à l’Académie française le 9 juin 1938.

Tout en s'opposant à l'Allemagne, Charles Maurras soutint le régime de Vichy, ce qui lui valut d'être condamné pour intelligence avec l'ennemi à la réclusion criminelle à perpétuité et à la dégradation nationale, le 28 janvier 1945.

Avec plus de dix mille articles publiés entre 1886 et 1952, il fut le journaliste politique et littéraire le plus prolifique de son siècle.